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Cher papa,

C’est aujourd’hui la grande marche à Paris, je suis heureux d’avoir avalé des kilomètres de ce parcours bien fléché. Je suis maintenant assis sur le trottoir, regardant l’interminable et bigarrée foule qui continue sa procession. Tout d’un coup, je me souviens de la marche organisée par le Président François Mitterand en 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras. Cette marche organisée par le Président François Hollande abattu le record. Il nous faudra probablement des siècles pour encore vivre un tel événement, et je souhaite ce moment venu, que ce soit une marche pour la joie.

La marche du défunt Président entraîna ensuite des arrestations, l’extrême droite fut accusée et une minutieuse enquête permis d’arrêter quelques paumés que l’on jugea et condamna ; Les supposés responsables de cette droite (dite extrême et qui ne se reconnaît dans cette appellation) ne furent pas inquiétés, ils demandèrent alors réparation pour avoir été accusés, comme ils le disaient, à tort. Laissons-leur ces échanges qui ne nous intéressent pas.

Cette fois, je suis venu marcher pour la liberté d’expression pour tous, non pour soutenir le musulman qui se défend et dont les monuments subissent actuellement (en silence) des dégradations, non pour comprendre les chrétiens qui trouvent ici, l’insigne et secrète raison pour pousser l’autre religion dehors. Je ne suis non plus là pour aider le judaïsme qui ne perd comme les autres religions dites grandes, aucun bon moyen pour demander aux autres de neutraliser la poussée des uns. Ils jouent tous cette perpétuelle partition depuis qu’ils font la conquête des mondes. Tous victimes, tout le temps. Et moi, l'humain, toujours réduit à constater et me résigner à tout accepter malgré moi.

Cher papa, je suis fier d’avoir marché pour la liberté d’expression pour tous, et je suis heureux d’avoir été dans cette maison de deuil pour CHARLIE, DIEUDONNE, BITI NGOTA, PIUS NDJAWE et même toi qu’on a toujours cru avoir bien muselé. Quelle erreur ! Les cœurs parlent plus que les actes et les mots.

Papa, garde bien notre Mbog et demande à l’oiseau de chanter plus haut et plus fort pour ton fils qui garde tes préceptes. Si la liberté d’expression me reste acquise, je t’écrirai encore bientôt, d’un cœur toujours sincère !