enfants

La compagnie des enfants est souvent très enrichissante. Par moments, une “étincelle” jaillit entre père et fils quand ils font ensemble quelque chose de spécial et d’inoubliable.

Un jour de saison sèche où les oiseaux marins rasaient la surface du grand fleuve de la Principauté à la recherche de leur repas, mais aussi jouant, le temps était clair ; Je jouais dans sa cabane offrant la meilleure vue de l’imperturbable cours d’eau à cet endroit quand mon père y monta et me dit :

- On doit découvrir un beau panorama là-haut, veux-tu venir voir ?
Je sentis mon cœur battre d’émotion, mais il y avait aussi de la crainte dans le regard que lançai vers la trappe qui devait nous conduire sur le toit de la bâtisse, je ne m’y étais jamais rendu. Mon père essaya l’échelle.

- Monte donc, dit-il. Je te suis !

Il poussa une trappe faite de bambous et de bois et magnifiquement recouvert d’in morceau de toiture en natte. Je fis un premier pas sur l’échelle ; Tout nouveau, plus rassurant que le dernier, sentant le souffle fort de mon père qui me suivait dans ma progression. Tout d’un coup, un magnifique tableau s’offrit à mes yeux éblouis.


Mon père l’avait contemplé bien des fois, mais il savait que je voulais et devais un jour le voir aussi. Le fleuve, étincelant au soleil, s’étendait devant nous, offrant à notre vue le début des beautés de la Principauté commençant de l’autre côté, sur la berge droite.

Là commençait les terres bénies des ancêtre de ma mère. N’était-ce pas une manière de mon père, de me montrer le chemin qu’il prit, une fois, deux et plusieurs, bravant la force des eaux en saisons de pluies pour mériter le cœur de ma mère qui lui offrait le meilleur des cadeau, le fils que j’étais pour les deux ? Au moment d’écrire ces mots, j’y pense encore et l’idée du contraire ne me vient toujours pas.

Des années plus tard, je me souviens de ces moments avec mon père comme si c’était hier. Regardant le vieil homme fatigué mais le regard toujours pointu et le sourire au coin des lèvres, je savais qu’il s’en souvenait aussi. Ni lui ni moi n’avons jamais oublié ces moments précieux.

Si seulement de tels exemples nous apprennent que nos rapports avec les enfants peuvent être enrichissants à la fois pour eux et pour nous ! Quand les adultes font preuve d’une compréhension, quand ils savent se mettre à la place des moins grands, tout le monde récolte le bonheur.

Tu vois, papa, je n’ai rien oublié. Chaque fois que je me rends dans la même cabane qui m’attend toujours pour une petite toilette que jamais je ne m’empêcherai de lui offrir, je pense au moment où je ferai le même geste. Mon fils avancera peureux, je serai derrière lui, offrant une rassurante présence.

Tu me disais bien un jour que je le ferai, je te crois à présent, papa. Mais en face, verra-t-il l’étendue des belles terres du pays de sa mère ? Certainement pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il verra une terre, belle, celle de l’humain. Entre les deux blocs de terres, coule toujours imperturbable, le grand et beau fleuve Sanaga !